Vous avez écrit un alt soigné, glissé deux mots-clés bien sentis, et votre image reste invisible dans Google Images. La raison tient rarement à la technique : elle tient à ce qu’on oublie en route, à ce moment précis où l’on confond une case à cocher et une phrase destinée à quelqu’un. L’attribut alt n’est pas d’abord un réglage SEO, mais un texte de remplacement écrit pour des humains, et c’est précisément parce qu’il est écrit pour des humains que le moteur le lit avec attention. Reprenons dans l’ordre ce que la plupart des guides passent sous silence.
Ce que fait vraiment l’attribut alt, avant toute histoire de référencement
Un alt, c’est la phrase qui prend la place de l’image quand celle-ci ne s’affiche pas. Connexion capricieuse, lien cassé, serveur en retard : le visiteur voit alors un texte au lieu d’un carré vide. Abondance le formule clairement, l’attribut s’affiche à la place de l’image si elle ne se charge pas. Voilà sa fonction première, celle qu’on oublie dès qu’on parle référencement. Le reste vient après.
Deuxième fonction, et c’est la plus négligée : la lecture vocale. Une personne malvoyante navigue avec un lecteur d’écran, et ce lecteur annonce l’alt à voix haute, mot après mot. S’il est vide ou bourré de mots-clés, l’utilisateur entend du bruit.
Il ne comprend ni ce que montre l’image, ni pourquoi elle est là, ni ce qu’elle vient appuyer dans le propos. Une description fidèle change tout pour lui. Les techniques de bertseo.fr insistent sur ce point avant de parler de positionnement, parce que tout part de là.
La structure, elle, est d’une banalité désarmante : <img src= »https://www.abondance.com/url-image.png » alt= »Attribut ALT de l’image »>. Une source, un texte de remplacement entre guillemets. Ce qui change tout, ce n’est pas la balise, c’est ce que vous écrivez dedans et pour qui vous l’écrivez.
Quand on traite l’alt comme une phrase destinée à quelqu’un qui ne voit pas l’image, on se met à décrire au lieu d’empiler. On nomme le sujet, l’action, le contexte, parfois le détail qui distingue cette photo d’une autre. Et là, curieusement, le moteur suit. Pas parce qu’on l’a flatté avec une liste de mots, mais parce qu’il a enfin compris de quoi parlait le fichier.
Balise img et attribut alt : la mécanique à ne pas confondre
Beaucoup de gens mélangent les deux, alors que la distinction est simple. La balise img appelle le fichier, indique sa largeur, sa hauteur, son format, son emplacement. L’attribut alt, lui, vit à l’intérieur de cette balise et porte du sens. Un src sans alt, c’est une image muette. Un alt sans src cohérent, c’est une description posée sur rien.
Quand vous cherchez comment utiliser la balise img, la question à se poser n’est jamais « où je case mon mot-clé ». Elle est plutôt : qu’est-ce que cette image apporte à la page, et comment le dire en une phrase ?
Si la réponse est « rien, elle est décorative », l’alt doit être vide. Un alt vide sur une image purement ornementale n’est pas une erreur, c’est même la bonne pratique, car le lecteur d’écran l’ignorera au lieu d’annoncer un contenu inutile.

Sur une image informative, en revanche, la phrase doit tenir debout seule, sans le secours du paragraphe voisin. Un lecteur d’écran qui annonce « photo » ou « image1.jpg » n’apprend rien à personne. Un lecteur d’écran qui annonce « graphique montrant la baisse des ventes entre mars et juin » raconte quelque chose de précis, de vérifiable, d’utile. Le premier cas fait fuir, le second rend service, et le moteur enregistre la différence.
Ce qu’on demande souvent sur l’attribut alt
Après avoir vu passer des dizaines de cas, certaines incompréhensions reviennent sans cesse, et elles expliquent la plupart des images qui ne remontent pas malgré un travail sérieux, parce qu’elles touchent à des réflexes anciens hérités du référencement à l’ancienne. Voici les plus fréquentes. Sur ce point, voir aussi notre article sur extraits google balises.
- Mettre des mots-clés dans chaque alt : oui si le mot décrit réellement ce qu’on voit, non s’il sert juste à répéter le titre de la page.
- Un alt trop long pénalise-t-il vraiment ? Non, tant qu’il reste une phrase lisible et non un paragraphe déguisé.
- Une image purement décorative : rien du tout, un alt vide assumé, ce n’est pas un oubli.
- Un bon alt suffit-il à faire remonter une image dans Google Images ? Il aide, mais le contexte de la page pèse autant.
- Pourquoi mon CMS affiche-t-il le nom du fichier quand je laisse le champ vide ? Parce qu’il comble le trou à votre place, et rarement bien.
Ces questions n’ont pas de réponse unique, mais elles pointent toutes vers la même règle : l’alt décrit. Il ne vend pas, il ne décore pas, il ne répète pas le titre. Il remplace l’image pour qui ne la voit pas, et c’est cette fidélité qui finit par payer.
Pourquoi Google Images récompense ce travail d’accessibilité
Le moteur ne « voit » pas votre image comme vous. Il lit ce qui l’entoure : le texte de la page, le nom du fichier, le contexte du paragraphe, et l’alt. Sans alt correct, il lui reste très peu pour rattacher le fichier à un sujet. Une image bien décrite dans un paragraphe cohérent lui donne de quoi la classer.
L’enjeu n’est pas mince quand on regarde les usages réels. Selon William Troillard, chez Adimeo, en s’appuyant sur les données de l’agence Moz, la recherche Google Images arrive juste après la recherche classique en volume d’utilisation. Autrement dit, une part énorme des requêtes passe par là, et une image invisible, c’est du trafic laissé sur la table.
Il y a un autre effet, moins connu. Adimeo rappelle que les images comptent parmi les contenus les plus partagés sur les réseaux sociaux. Une image reprise ailleurs revient avec un lien vers sa source, et ce lien compte. Toujours selon Adimeo, des images uniques sur le web permettent d’obtenir des liens entrants, ce qui n’est pas rien pour un site qui se construit une autorité.
Le raisonnement se referme donc naturellement. Un alt pensé pour un lecteur d’écran est un alt précis, contextuel, décrivant sans bourrer. C’est exactement le type de texte que le moteur exploite le mieux pour comprendre une image, et le travail d’accessibilité devient un travail de référencement sans qu’on l’ait cherché. L’inverse est vrai aussi : un alt saturé de mots-clés identiques d’une page à l’autre finit par ressembler à du bruit.

Les erreurs qui plombent une image pourtant bien décrite
Écrire un bon alt ne sauve pas tout si le reste tire dans l’autre sens, et c’est souvent là que le travail de description part à la poubelle sans qu’on s’en aperçoive. Plusieurs pièges reviennent régulièrement, et ils annulent à eux seuls le travail de description. Les voici, dans l’ordre où on les rencontre sur le terrain.
- Le nom du fichier resté en « photo-sans-nom.jpg ». Le moteur s’en sert pour deviner le sujet, alors autant l’aider avec un nom lisible qui dit ce qu’on voit.
- La même phrase d’alt collée sur toutes les images d’une page, par paresse ou par automatisme de CMS.
- Un alt surchargé de mots-clés sans lien avec ce que montre réellement l’image.
- Le texte autour de l’image n’a aucun rapport avec elle, ce qui brouille complètement le contexte.
- Et l’oubli classique : une image lourde, mal compressée. Un alt parfait ne rattrape pas un chargement qui n’en finit pas.
Une image bien décrite reste une image. Si elle pèse trop lourd, si elle s’affiche après trois secondes, l’internaute est déjà reparti, et le passage de Google sur la page ne change rien à l’affaire. C’est là que le travail sur les Core Web Vitals rejoint la question de l’alt, parce que les deux se jouent au même moment : le chargement de la page.
Il y a aussi la question de l’unicité. Reprendre une photo trouvée ailleurs, c’est se priver de l’avantage du contenu original. Une image propre à votre site, correctement décrite, peut circuler et revenir avec des liens. Une image piquée sur une banque gratuite, déjà vue partout, n’apportera rien de plus à votre page qu’aux cent autres qui l’utilisent.
Arrêter d’écrire pour le robot, commencer à écrire pour l’humain
La leçon tient en une phrase : un alt qui décrit vraiment l’image, pour quelqu’un qui ne la voit pas, est aussi un alt que le moteur comprend. Les deux besoins se rejoignent au lieu de s’opposer, et c’est ce que les recettes à base de mots-clés empilés ratent complètement. Décrivez ce que vous montrez, nommez les fichiers, allégez les images, laissez un alt vide quand l’image ne porte aucun sens. Rien de spectaculaire, juste de la cohérence, et c’est déjà beaucoup.
Reste une question à se poser, et elle vaut pour chaque image de votre site, sans exception ni raccourci : si quelqu’un vous lisait cette description à voix haute sans voir l’écran, comprendrait-il ce que vous avez voulu montrer ?